Dans l'histoire des adaptations de jeux vidéo, rares sont ceux qui ont rendu justice à leur inspiration comme l'a fait celui-ci. Tout nous rappelle le jeu : les zombies, leur façon de bouger, les chiens morts-vivants, le son qu'ils font, les angles de caméra, la progression de la mission. Contrairement au jeu par contre, on ne suit pas qu'un personnage, ni différents personnages à tour de rôle. On suit un groupe qui ne se sépare jamais. Ce n'est pas une mauvaise chose mais on s'éloigne de la mission solitaire qui donne tout son suspense au jeu.
Resident Evil touche plus à la science-fiction et à l'action que ce à quoi on pourrait s'attendre. Heureusement, l'humour est très subtile et inséré aux bons moments donc la tension ne se dissoud jamais vraiment. Un effort spécial à été consacré à reproduire cette tension, encore une fois rappelant les éléments du jeu. La plupart du temps, un son ou un grognement nous avertissent du danger. Les sursauts se font plus rares quand dans le jeu mais sont quand même frappants.
Parce que rares sont les films parfaits, notons la trame sonore appropriée mais surutilisée. J'aurais aimé pouvoir me concentrer sur les sueurs froides que ce film me procurait mais la trame techno/industrielle me ramenait sans cesse à un état de sécurité. C'est peut-être la plus grosse faiblesse à surmonter.
Dans un autre ordre de pensée, j'ai du mal à me faire à l'idée que ce film prendrait place avant le jeu original. C'est vrai et c'est fidèle à l'histoire mais la scène finale est contradictoire. Elle reprend une scène mémorable de Resident Evil 2, le jeu, et si ce film constitue vraiment une "prequel" au premier jeu du nom, je me doit de blâmer les répercussions de cette soif du box office qu'ont les gros studios. Et ces gros studios ont fait leur gros possible pour nous montrer le moins de violence possible. Beaucoup de scènes semblent incomplète, incohérentes, vide. C'est malheureusement le prix à payer pour contourner ceux qui se mêlent de ce que leur cerveau ne peut analyser, j'ai nommé la MPAA.
Dans son emsemble, Resident Evil est un excellent film. Les effets spéciaux sont détaillés, les maquillages sont frappants. Beaucoup de petits détails sont apportés au suspense afin d'installer la peur : un zombie qui marche, le pied cassé, grattant sa hache sur le sol, un zombie flottant dans l'eau, dans une vitrine derrière des personnages en pleine discussion, prêt à nous faire bondir à tout moment, une salle piègée qui préfère donner de faux espoirs à ses victimes avant de les tuer, tout ça sous un éclairage contrôlé.
Ce n'est ni Jill Valentine ni Claire Redfield qu'incarne Milla Jovovich. Mais c'est à s'y méprendre. Son personnage amnésique est très peu développé si ce n'est que de la raison pourquoi elle est dans cet état. Elle donne réalité à un film qui devait être fait et elle incarne bien son rôle. Elle a recourt aux arts martiaux mais pas excessivement, quelque chose qui me manque beaucoup dans le sous-genre "envahisseurs".
|