Les opinions envers ce film sont partagées. Certains disent qu'il est immature, d'autres qu'il n'est qu'un amas de violence gratuite. D'autres encore se plaignent de féminisme, de propagande nazi et de bien des choses qui me dépassent. Peut-être la bande dessinée sur laquelle est basée cette réalisation peut-elle être blâmée de tout ça mais je ne crois pas que le film ait quoi que ce soit à se reprocher. Certes, les emblêmes ont un style qui ramène quelques massacres du passé à l'esprit et tous les "gentils héros" ont les cheveux blonds ou châtains, les yeux clairs, et on a aussi droit à une dissection explicite mais c'est tout.
Pour être plus objectif, j'aimerais plutôt concentrer mon attention sur cette bizarre nonchalance qui prend le dessus tout au long du film. Un général invite un de ses soldats à le défier au combat et, en une seconde, lui arrache l'avant-bras comme si c'était son exercise matinale habituelle, se souciant peu du fait qu'il vient d'handicaper un combattant au lieu de le renforcir. Et, pour rendre la situation encore plus ironique, quelques soldats ricanent comme si c'était quelqu'un qui venait de se ramasser une tarte en plein visage qui les amusait.
C'est à cause de situations du genre qu'on se demande sans cesse si ce film est sérieux parce qu'un nombre immense de soldats meurent violamment et le détail n'est jamais caché mais que chaque combat massif est séparé de moeurs humoristiques d'adolescents. J'adore ce film pour cette raison spécialement. Ça fonctionne bien pour moi mais je doute que ce sera le cas pour tout le monde.
Le temps passe, nos héros montent en grade, les cadavres s'empilent, la fin du monde se produit, et pourtant le plus dramatique du film demeure ce triangle (ou carré) amoureux entre Dizzy, Johnny, Carmen et Zander. Johnny est LE héros ultime du film. Il reste accroché à sa copine Carmen qui refuse tout engagement hors de sa carrière et Zander fait justement partie de sa carrière en tant que pilote à ses côtés. Depuis le secondaire, Carmen a toujours porté trop d'attention à Zander et ça rend Johnny fou. Ça l'obsède encore et toujours au point où il ignore Dizzy qui est réelement en amour avec lui. Mais Johnny préfère la considérer en tant qu'amie. Ça ressemble à la formule habituelle? Ça l'est.. mais orchestré comme Starship Troopers l'est, ça devient drôlement divertissant et émotif quoique les personnages laissent peu transparaître leurs émotions.
Starship Troopers est le film par excellence pour faire changement, pour un maximum de violence graphique, pour apprécier un bon film de science-fiction à forte saveur d'horreur. Les héros étant tous des adolescents qu'ont suit depuis leur graduation jusqu'à leur mort dans certains cas, un public dans la vingtaine le préférera.
|