Ce qu'il serait bon d'établir d'emblée, c'est qu'en aucun cas les acteurs ne négligent ou ne surfont leur rôle: ils sont naturels, familiers même. Le scénario ne se contente que de légèrement épicer ses personnages grâce à un sombre passé graduellement expliqué et tout ce qui en découle en bénéficie visiblement. Signs unit plusieurs genres et, aussi laborieux que ça puisse sembler, c'est exécuté à perfection.
Une sypnosis pareille pourrait laisser envisager un autre de ces films de science-fiction traitant de vaisseaux spatiaux, d'envahisseurs et d'apocalypse. Non seulement fait-on abstraction de batailles interplanétaires, de théories scientifiques et de prétentieux effets spéciaux; on laisse en outre le sort de la planète dans l'ombre pour se concentrer sur celui de quatre personnages qui ne nécessiteront qu'un quart d'heure à apprivoiser. Comme résultat, on obtient un thriller dramatique, mystérieux, triste parfois, mais son profil psychologique est celui qui prévaut. Sans se permettre de tomber dans l'humour, le script a quand même prévu quelques rigolades qu'il vous sera difficile d'éviter. Ces courts instants sont si bien insérés qu'ils ne nuisent en rien au rythme ascendant du suspense.
Signs réussit à établir une situation extrême et ses conséquences exactement comme elles se produiraient dans les circonstances. Il prend son temps, il débite la vérité par petites doses jusqu'à, en fait, ne livrer que ce qui importe réellement aux yeux des personnes concernées.
Et comme si ce long métrage n'avait pas déjà assez de points en sa faveur, après deux heures d'esquive de clichés et de surprises, il offre une finale magistrale. Les dialogues qui vous avaient précédémment amenés à réfléchir quant à l'existence d'une entité supérieure, du hasard et du destin viennent se solidifier dans les derniers instants, toujours sans imposer de morale fixe.
Certaines des choses qui piquaient le plus votre curiosité s'éclairciront également, tout ça dans un synchronisme habile. La scène culminante, elle, est si inhabituelle et pourtant si rudimentaire. Elle vous infligera un frisson et une poussée d'adrénaline inhabituels. Hollywood préfère les revirements qui nous débalancent, peut-être pour se donner une illusion de contrôle, peut-être pour défier son public. Signs, lui, joue franc mais subtile, et ce jusqu'à la fin.
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