Les grandes célébrités devraient-ils garder dans l’ombre leurs premiers travaux? Ils ne devraient certainement pas en avoir honte. La disponibilité au grand public de films comme Within the Woods devrait être plus ample. Ce ne devait être qu’un démo voué à décrocher le budget qui permit de concevoir l’œuvre maintenant connue sous le nom The Evil Dead.
Les acteurs gardent leur vrai nom à l’exception de Shelly. Bruce porte des lunettes et ici, c’est lui de démon. Une fois possédé, il s’écrit « Joins-toi à nous » une dizaine de fois, ce qui contraste avec le « J’avalerai ton âme » de la franchise de The Evil Dead. Le chalet n’est pas non plus le même. Les angles de caméra tordus et flottant typiques à Sam Raimi étaient déjà des outils efficaces dans Within the Woods. Les effets spéciaux, la violence en particulier, sont rustiques mais très intéressant étant donné le petit budget investi.
Le film dure 30 minutes. Il réussi tout de même à répartir son introduction, ses rebondissements et son suspense, mais délaisse complètement le développement de ses personnages. Tout réalisateur en possession d’un micro-budget se limitera à certaines ressources. Il aura recours a des solutions ad hoc qui n’échapperont pas à l’œil du public : tournage dans un lieu familial ou abandonné, abats de chair utilisés comme parties de corps mutilés, acteurs improvisés ou débutants, etc. Le film ne fait pas exclusion de ces principes, mais les met à l’épreuve habilement.
Bien sûr il faut se situer dans le temps par rapport à Within the Woods. A l’époque, alors qu’il fût même diffusé dans quelques cinémas, il fût acclamé pour son unicité. Aujourd’hui, il demeure un vétéran qui, au risque de me répéter, aurait tout intérêt à être connu, surtout des réalisateurs en devenir qui, tout comme Bruce Campbell et Sam Raimi à leurs débuts, ont aussi un rêve en tête.
|