Le public de la fin des années 70 commençait tout juste à se familiariser avec les slashers. Ce sous-genre en est un des plus exploités aujourd’hui mais il est toujours intéressant de connaître ses sources.
The Driller Killer, comme son nom l’indique, contient un bon nombre de meurtres à la perceuse électrique. Ici, il n’y a pas de tueur masqué. Reno est un artiste troublé que la folie gagne lentement. Lorsqu’il commet ses crimes, il regarde autour de lui nerveusement et se dépêche, puis fuit. Il ne projette pas l’image d’un homme sûr de lui ni en contrôle de la situation. Aussi, les meurtres sont très crus et d’un réalisme troublant. Ces quelques détails font du film une expérience assez intéressante.
Malencontreusement, un cycle répétitif s’installe rapidement : la troupe musicale pollue l’environnement de Reno, Reno se fâche, Reno tue. En effet, une trop grande part de l’histoire est dédiée aux voisins turbulents. The Driller Killer manque de contenu. Pour ne pas le laisser tomber dans la redondance, Abel Ferrara aurait peut-être dû s’en tenir à un court métrage ou miser sur le développement de ses personnages.
Les acteurs, quoique brièvement détaillés, dirigent bien l’histoire. Abel Ferrara lui-même incarne le personnage principal (sous le nom de Jimmy Laine) et sa performance est plausible. Une scène impliquant une douche et deux lesbiennes a été prévue, ce que certains considèrent purement fidèle aux « normes » de l’horreur au cinéma.
Cette production est en fait un petit défoulement. Il illustre la vie d’une personne malheureuse et stressée dont la patience a expiré. Son problème c’est la société, sa solution: une perceuse!
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