On a toujours l’impression d’entrer dans le cerveau de David Cronenberg lorsqu’on regarde un de ses films. Comme dans plusieurs de ses réalisations, il confond habilement technologie et organismes vivants comme s’ils se complétaient.
Videodrome joue avec votre cerveau. De par son originalité, il vous fait ressentir de nouvelles peurs qui ne vous auraient probablement jamais même effleuré l’esprit. Du même coup, il se base sur des phénomènes existants et extrapole. Les exemples les plus évidents sont ce que les anglophones appellent le snuff et l’influence qu’ont les médias sur la psychologie humaine.
James Woods maîtrise parfaitement son rôle. Il est obsessif, paraît en parfait contrôle de lui-même au tout début, puis se transforme lorsque que son monde rationnel bascule. La scène où il invite une femme chez lui et où elle met au hasard la main sur une cassette de Videodrome parmi tous les films pornographiques qu’elle aurait pu choisir est brillante. Ce qui s’en suit fait comprendre à Max toute l’influence qu’a le média sur la psyché. Puis, il y a ces hallucinations. Elles n’ont rien d’illusions normales. Lorsque Max s’insère un fusil puis une vidéocassette dans l’estomac et qu’il revient à ses sens, les objets ont réellement disparu.
Le monde dans lequel vous plonge Cronenberg suffira, je l’espère, à vous divertir parce que Max ne conduit pas vraiment une enquête; il subit. Ceci signifie que la plupart des questions auquel vous pourriez désirer une réponse demeureront dans l’ombre, ce qui à a mon avis ne fait que rendre le film plus mystérieux. Certains seront déçus du manque de structure de l’histoire.
Les effets spéciaux et l’atmosphère irréelle de Videodrome en font un film « échappatoire ». C’est un de ces films d’horreur qui remet en question la nature de la folie et les vérités qu’elle pourrait cacher. J’ai bien aimé.
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